Oui au contrat local de santé,

NON A LA SALLE DE SHOOT !

La signature du Contrat Local de Santé (CLS) de Strasbourg, qui inclut la création d’une salle de shoot pour les toxicomanes, permet de rappeler qu’il ne vaut pas un blanc-seing à cette expérimentation.

Les divers signataires du CLS contribuent pour les seules parties de ce dispositif qui les concernent. Aussi, s’agissant de la salle de shoot, seule la ville de Strasbourg s’engage.

Nous nous sommes quant à nous clairement exprimés contre ce projet tout en validant les autres dispositions de ce contrat.

Les objections contre un tel lieu, ouvert à de telles pratiques, méritent d’être rappelées.

Une salle de shoot ne concerne pas la consommation de substituts aux stupéfiants comme la méthadone par exemple, mais hélas les drogues usuelles connues des toxicomanes et des dealers.

Elle ne vise pas à mettre en place un sevrage et ne s’inscrit pas dans un parcours de soin.

Même paré des plus chatoyants arguments, un tel lieu constitue une zone franche de la consommation de drogues dures, tant l’on s’imagine mal que l’on y vienne pour simplement fumer un joint.

Les campagnes de prévention contre la toxicomanie seront donc dans les faits contredites par la mise en place d’une salle de shoot où l’on pourra s’adonner ouvertement à la consommation de drogues dures, dans un lieu identifié à l’hôpital public, alors que le caractère néfaste de ces mêmes produits est dénoncé.

Cette initiative signe tout simplement l’échec des politiques de prévention et de soins aux toxicomanes qui ont été mis en œuvre jusqu’à présent.

Il aurait sans doute été préférable de s’interroger sur les raisons de cet échec qui tiennent peut-être aux méthodes ou au manque de moyens.

Plutôt que de se livrer à cette introspection / évaluation, on cède à la facilité qui est en réalité à un renoncement, celui de soigner les malades de cette addiction en les condamnant à acheter leur drogue auprès de dealers qui continueront à nourrir les circuits, si prolifiques et si bien organisés, de l’argent sale.

S’agissant du choix du lieu, face à la réaction des habitants du quartier gare, le Maire a souhaité installer cette salle de shoot au sein de l’hôpital. Cette décision dictée par les habitants a de toute évidence été prise sans une concertation respectueuse de toutes celles et ceux qui travaillent à l’hôpital sans parler, des malades.

C’est également, un très mauvais signal adressé aux toxicomanes. L’hôpital, lieu de soin par excellence et de guérison souhaitée, devient l’endroit où l’on peut s’injecter un produit mortifère.

Cette ouverture programmée soulève aussi la question des missions de la police nationale. Elles seront elles-mêmes dévoyées car comment traiter un toxicomane porteur de stupéfiants qui, contrôlé à Strasbourg, déclarera se rendre à la salle de shoot ; faudra t’il instaurer une carte de membre pour lui éviter d’être retenu lors d’un contrôle, pour justifier de sa destination et de son intention ?

Le marketing peut toujours les appeler salles de consommation à moindre risque, le contrat local de santé peut toujours les entourer de multiples thématiques, la loi peut toujours donner cette possibilité aux maires, l’illicite le disputera désormais au licite, interdit ici, autorisé là, et la consommation de drogues diverses trouvera un nouveau sanctuaire à Strasbourg, dans la salle de shoot installée dans les abords de l’hôpital public.

Cette confusion porte préjudice à la lutte contre la toxicomanie alors que tant de familles en sont les victimes, et nous réaffirmons notre opposition à un tel projet.

Jean-Phillippe MAURER,
Conseiller municipal et eurométropolitain de Strasbourg
Vice président du Conseil départemental

Pascal MANGIN
Conseiller municipal et eurométropolitain de Strasbourg
Conseiller régional d’Alsace

Elsa SCHALCK
Conseillère municipale de Strasbourg
Conseillère régionale d’Alsace

Jean-Emmanuel ROBERT
Conseiller municipal et eurométropolitain de Strasbourg

Voir l'article dans les DNA
Samedi 13 juin 2015

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