NOUVEL AN : LE RETOUR DES CHIFFRES OU DE LA TRANQUILITE ?

La décision prise par le Ministre de l'Intérieur de publier le chiffre des voitures brûlées lors de la nuit de la Saint-Sylvestre et des jours suivants demande plusieurs précisions :

  • il faudra savoir sur quels horaires cette comptabilité sera effectuée,
  • le comptage se fera t-il sur les départs de feux, comme c'est l'usage, ou sur le nombre de véhicules effectivement brûlés, ce qui n'est pas du tout pareil,
  • y aura t-il des données comparées entre les chiffres du Ministère de l'Intérieur pour sa compétence Police-Gendarmerie, et ceux des pompiers ?
  • ce décompte doit-il avoir valeur de base de départ pour comparer avec ceux des années suivantes ou y aura t-il des tentatives de comparaison avec les chiffres précédents, qui seraient communiqués?

Strasbourg et ses habitants ont payé un lourd tribut à ce phénomène traumatisant et l'image de capitale des voitures brûlées s'estompe fort heureusement par l'addition d'une action publique et associative bien ancrée, des moyens judicieusement mobilisés et employés, tout comme par un effet de lassitude de la part de ceux qui n'y retrouvent plus l'écho qu'ils espéraient susciter.

Strasbourg a quitté la scène de cette actualité. Choisir cette ville pour faire une telle annonce risque de la desservir car il suffit de lire les articles dans les médias nationaux pour constater que les réflexes ont la vie dure. Je cite "haut-lieu traditionnel des voitures brûlées", et l'énumération est longue tant ces deux idées se rappellent aux souvenirs des commentateurs, à défaut d'être des observateurs attentifs.

Les acteurs engagés sur le terrain me semblent préférer le refus de toute stigmatisation. Or une communication publique sur ces chiffres risque de raviver les penchants incendiaires de quelques individus en manque de publicité.

Rien n'est jamais acquis dans ce domaine et toute construction repose sur des équilibres fragiles. Le savoir-faire qui s'est mis en place depuis de nombreuses années a permis de contenir et de faire reculer le nombre de voitures brûlées à Strasbourg, notamment lors de la nuit de la Saint-Sylvestre.

Cette décision de publier les chiffres permet de rappeler que le mieux est quelquefois l'ennemi de bien et j'ose éspèrer que personne ne se brûlera les doigts à ce changement de stratégie, qu'elle ne rallumera pas la flamme de la course au chiffre, celle d'une malsaine compétition entre les quartiers mais aussi entre les villes.

Comme tous les ans depuis près de 15 ans, je serai sur le terrain, dans les quartiers, soutenir tous ceux qui s'engagent pour organiser et faire vivre les animations afin que la nuit de la Saint-Sylvestre soit celle d'un réveillon pour tous sans être les otages de quelques fauteurs de troubles.

vendredi 28 décembre 2012


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